-Ce texte propose un premier cadran de réflexion aux Millenials et à la Gen. Z.-
1.
C'est le nombre exact de vies dont nous disposons pour changer le cours des choses.
C'est aussi le nombre de fois où vous lirez ce texte avec un regard neuf sans arrière-pensées (pas encore), sans rancœur (pas sûr) et sans regrets (je l'espère).
Notre génération est la première à avoir à la fois :
- Vécu l'ascendance du numérique et l'accélération du monde ;
- Pris conscience des voies possibles, car d'autres les prennent et nous le constatons dans nos interactions avec le reste du monde ;
- Compris le poids de notre problématique identitaire et des blocages psychologiques à lever.
Premièrement, cette identité, nous devons d'abord la choisir.
- En quoi sommes-nous singuliers ?
- Qu'est-ce qui nous représente ?
- Qu'est-ce qui matérialise notre culture ?
Il ne faut pas mettre la charrette avant les bœufs. Toute tentative de développement de notre territoire ne peut qu'être floue, ralentie, sans horizon si nous n'avons pas répondu cette question élémentaire.
Deuxièmement, notre affirmation.
Disons-le, nous cultivons toujours un complexe d'infériorité.
Un besoin inexpliqué, mais explicable, de rayonner, de vouloir être vus, reconnus, compris, acceptés des autres, d'eux là-bas, mais pas des nôtres, avant tout.
Une incohérence palpable avec cette envie de nous détacher, mais sans qu'on soit lâchés.
Elle sera là notre intelligence, voire notre malice.
Savoir être, savoir s'émanciper, seulement si on veut.
Car nous sommes une "pupille de l'État" grandeur nature : devenue majeure, mais pas encore mature.
Enfin.
Rêvons ensemble de la Guadeloupe qui sait accueillir ses voisins parce qu'elle est différente, parce qu'elle est propre et respirable, parce que sa jeunesse, qu'elle étudie ici ou ailleurs, sait qu'elle y a une place, parce qu'elle a une identité héritée de son passé mais actuelle dans son expression, surtout.
On nous annonce une Guadeloupe plus vieille, moins nombreuse ; mais refusons d'en faire notre destin. Car nous nous condamnons seuls si nous construisons la Guadeloupe de demain à partir de ceux qui y vieillissent, avant de la penser pour ceux qui vont y naître, y grandir et y vivre.
Conclusion anticipée.
Notre premier adversaire, c'est l'inertie, car nous attendons du même monde qu'il nous donne une vie différente.
